Raoni alerte la communauté internationale sur la situation désespérée des indiens Kayapos

La président du Brésil, Dilma Rousseff, a donné son feu vert, le 1er juin dernier, pour la construction du barrage hydro-électrique géant de Belo Monte, sur le fleuve Xingu. Conséquence inéluctable de cet ouvrage : l’inondation définitive du territoire des indiens Kayapos, habitant aux abords du fleuve depuis la nuit des temps, et l’obligation, pour au moins 16 000 indigènes, de trouver un autre endroit pour vivre. Même si la compagnie s’est engagée à dépenser plus de 500 millions de dollars pour minimiser les dommages de la construction sur l’environnement, malgré les propos rassurants du ministre de l’Environnement brésilien, Carlos Minc, personne ne peut croire que l’effacement de centaines de milliers d’hectares de forêt vierge ne se paieront pas d’une “fin du monde” locale pour ce peuple rendu célèbre par le chef Raoni, qui lance un cri d’alarme.
Je ne suis personnellement pas grand amateur de pétitions. J’ai pourtant, à titre exceptionnel, signé celle-ci et invite à en faire de même les quelques lecteurs qui se seront égarés jusqu’à ces lignes, parce c’est une forme de crime contre l’humanité qui se déroule sous nos yeux. Si toutes les civilisations se valent en dignité, il n’y a aucune raison de justifier que celle des Amérindiens soit simplement supprimée au nom du seul intérêt économique.
Passionnante conférence de l’économiste Hervé Juvin, donnée à l’École militaire en février 2010. Vous y apprendrez pourquoi la démondialisation n’est pas une option politique : elle est ce qui nous attend de toute manière et elle a même déjà commencé.
Quand la terre se met à mentir…

Entre les débats actuels sur les certificats d’obtention végétale, le retour du maïs transgénique et les ravages des semences Monsanto en Inde, l’actualité des OGM et autres semences brevetées est lourde ces jours-ci.
Certificats d’obtention végétale : les paysans n’ont plus le droit de ressemer leurs graines
Transposition d’une directive européenne datant de 1994, le projet de loi sur les certificats d’obtention végétale est l’un des signes ultimes de la privatisation de l’agriculture européenne. Naguère affaire d’expérience séculaire et de régulation naturelle, l’agriculture passe entre les mains des laboratoires et des semenciers : ces derniers, au prétexte des investissements colossaux qu’ils réalisent pour développer des variétés de graines censées être plus performantes et résistantes, ont obtenu que leur activité trouve un débouché récurrent en empêchant les agriculteurs de ressemer une partie de leur récolte, comme ils l’ont pourtant toujours fait. Le paysan qui trouvait avantage à faire fructifier sa récolte se trouve réduit au rang de titulaire d’un droit d’usage unique de semences développées par l’industrie. Et ce n’est que la première étape dans le brevetage du vivant et des bases de notre alimentation…
Le maïs Monsanto autorisé en France
Le ministre de l’Agriculture français avait pris, en février 2008, la décision de suspendre la culture du maïs “Monsanto 810”. Cette décision, remise en cause par la Cour de justice européenne, a été annulée lundi par le Conseil d’État, arguant que
le ministre de l’Agriculture n’a pu justifier de sa compétence pour prendre les arrêtés, faute d’avoir apporté la preuve de l’existence d’un niveau de risque particulièrement élevé pour la santé ou l’environnement.
Sauf que le niveau de risque n’est absolument pas connu, étant donné que le maïs en question n’a été testé que trois mois sur des rats et que, selon l’ingénieur agronome Claude Aubert, il
sécrète, par exemple, une toxine naturelle bactérienne qui se transmet au consommateur, sans que l’on sache réellement ce qu’elle peut engendrer.
Mais est-il seulement encore possible de lutter contre les OGM ? La dissémination fait son œuvre et nous mangeons déjà, sans doute tous les jours, de la viande nourrie aux OGM.
Des milliers de paysans indiens condamnés par le coton Monsanto
Quand les OGM n’engraissent pas les multinationales, ils détruisent la vie des paysans. La situation est extrême en Inde, où des milliers de paysans se sont laissés convaincre d’utiliser des semences Monsanto, croyant aux profits faciles que leur promettaient les publicités.
Depuis le milieu des années 80, l’Inde a accepté d’ouvrir totalement son marché en contrepartie de l’aide du Fonds monétaire international. Une révolution économique s’en suivit, qui en fit un terrain d’expérimentation mondial en matière agricole. Depuis lors, les paysans sont livrés aux promesses des vendeurs de semences magiques : les rendements devaient être exceptionnels, et les insectes et parasites rangés dans les tiroirs de l’histoire. Les variétés traditionnelles ont même été interdites dans de nombreuses banques de semences gouvernementales. Mais pour toucher le Graal, il fallait débourser 10 fois plus pour la même quantité de semences. Le prix de la gloire. Et les paysans se sont massivement endettés.
Vendues aux multinationales avec la complicité du FMI, les semences brevetées n’ont résisté que quelques années avant que les plants de coton ne soient dévorés par un ver local contre lequel la plante n’était pas immunisée… Victimes de leur crédulité, de la cupidité des semenciers et d’autorités gouvernementales indiennes qui se sont laissé faire (contre certainement quelques contreparties), les paysans se voient acculés au suicide. Le phénomène est massif : ces dernières semaines, 1500 fermiers se sont suicidés collectivement en Inde, dans la province de Chattisgarh.
Si vous doutez encore du potentiel de risque des OGM, si vous peinez à voir à quel point le brevetage du vivant et la privatisation de l’agriculture constituent des menaces majeures pour les terres, ceux qui les cultivent et ceux qui en consomment les fruits, prenez juste le temps de (re)visionner ceci.
