La LICRA a lancé, il y a quelques mois, une campagne d’affichage, conçue par Publicis, dont voici les visuels. Eh bien, voyez-vous, je ne suis pas sûr qu’ils aient tapé vraiment juste en s’aventurant sur le terrain des clichés du déterminisme social.
Les créatifs de l’agence des Champs-Élysées ont-ils vraiment un tel mépris pour ceux qui leur permettent de traverser l’avenue sans buter sur les tonnes de détritus qui y sont déversés chaque jour, ceux qui viennent réparer la climatisation ou changer un panneau brisé de l’immonde façade de l’immeuble, celles qui, à l’heure où ils vident des verres (dans le meilleur des cas) dans les endroits branchés de la ville, passent l’aspirateur dans leur bureau et vident leurs corbeilles pleines de canettes de Redbull ? Eux et leurs commanditaires ne fréquentent sans doute pas cette minorité invisible qui n’existe pour eux que sous la forme des clichés contre lesquels ils prétendent lutter. Sans doute que, in fine, n’étant pas la cible de cette campagne mais seulement les objets, leur sentiment n’a pas d’importance.
