Momoleskine

  • FAVORIS
  • Archives
  • RSS
  • Contactez-moi...

Quand la terre se met à mentir…

Entre les débats actuels sur les certificats d’obtention végétale, le retour du maïs transgénique et les ravages des semences Monsanto en Inde, l’actualité des OGM et autres semences brevetées est lourde ces jours-ci.

Certificats d’obtention végétale : les paysans n’ont plus le droit de ressemer leurs graines

Transposition d’une directive européenne datant de 1994, le projet de loi sur les certificats d’obtention végétale est l’un des signes ultimes de la privatisation de l’agriculture européenne. Naguère affaire d’expérience séculaire et de régulation naturelle, l’agriculture passe entre les mains des laboratoires et des semenciers : ces derniers, au prétexte des investissements colossaux qu’ils réalisent pour développer des variétés de graines censées être plus performantes et résistantes, ont obtenu que leur activité trouve un débouché récurrent en empêchant les agriculteurs de ressemer une partie de leur récolte, comme ils l’ont pourtant toujours fait. Le paysan qui trouvait avantage à faire fructifier sa récolte se trouve réduit au rang de titulaire d’un droit d’usage unique de semences développées par l’industrie. Et ce n’est que la première étape dans le brevetage du vivant et des bases de notre alimentation…

Le maïs Monsanto autorisé en France

Le ministre de l’Agriculture français avait pris, en février 2008, la décision de suspendre la culture du maïs “Monsanto 810”. Cette décision, remise en cause par la Cour de justice européenne, a été annulée lundi par le Conseil d’État, arguant que 

le ministre de l’Agriculture n’a pu justifier de sa compétence pour prendre les arrêtés, faute d’avoir apporté la preuve de l’existence d’un niveau de risque particulièrement élevé pour la santé ou l’environnement.

Sauf que le niveau de risque n’est absolument pas connu, étant donné que le maïs en question n’a été testé que trois mois sur des rats et que, selon l’ingénieur agronome Claude Aubert, il 

sécrète, par exemple, une toxine naturelle bactérienne qui se transmet au consommateur, sans que l’on sache réellement ce qu’elle peut engendrer.

Mais est-il seulement encore possible de lutter contre les OGM ? La dissémination fait son œuvre et nous mangeons déjà, sans doute tous les jours, de la viande nourrie aux OGM.

Des milliers de paysans indiens condamnés par le coton Monsanto

Quand les OGM n’engraissent pas les multinationales, ils détruisent la vie des paysans. La situation est extrême en Inde, où des milliers de paysans se sont laissés convaincre d’utiliser des semences Monsanto, croyant aux profits faciles que leur promettaient les publicités.

Depuis le milieu des années 80, l’Inde a accepté d’ouvrir totalement son marché en contrepartie de l’aide du Fonds monétaire international. Une révolution économique s’en suivit, qui en fit un terrain d’expérimentation mondial en matière agricole. Depuis lors, les paysans sont livrés aux promesses des vendeurs de semences magiques : les rendements devaient être exceptionnels, et les insectes et parasites rangés dans les tiroirs de l’histoire. Les variétés traditionnelles ont même été interdites dans de nombreuses banques de semences gouvernementales. Mais pour toucher le Graal, il fallait débourser 10 fois plus pour la même quantité de semences. Le prix de la gloire. Et les paysans se sont massivement endettés.

Vendues aux multinationales avec la complicité du FMI, les semences brevetées n’ont résisté que quelques années avant que les plants de coton ne soient dévorés par un ver local contre lequel la plante n’était pas immunisée… Victimes de leur crédulité, de la cupidité des semenciers et d’autorités gouvernementales indiennes qui se sont laissé faire (contre certainement quelques contreparties), les paysans se voient acculés au suicide. Le phénomène est massif : ces dernières semaines, 1500 fermiers se sont suicidés collectivement en Inde, dans la province de Chattisgarh.

Si vous doutez encore du potentiel de risque des OGM, si vous peinez à voir à quel point le brevetage du vivant et la privatisation de l’agriculture constituent des menaces majeures pour les terres, ceux qui les cultivent et ceux qui en consomment les fruits, prenez juste le temps de (re)visionner ceci.

    • #ogm
    • #marchandisation
    • #mondialisation
    • #monsanto
  • il y a 1 an
  • 5
  • Comments
  • Permalien
  • Share
    Tweet

5 Notes/ Hide

  1. fredbeck a publié ce billet

Commentaires récents

Les commentaires de ce blog sont propulsés par Disqus
← Précédent • Suivant →

Logo

À propos

Vu, entendu, croisé, réfléchi, oublié, rattrapé, imaginé, dessiné, photographié.

ART // AUTOMOBILE // DESIGN & GRAPHISME // HUMOUR // PHOTOGRAPHIE // POLITIQUE // RÉSEAUX SOCIAUX // VANITÉ

Là aussi :

FACEBOOK // GOOGLE+ // INSTAGRAM // LINKEDIN // PINTEREST // SCOOP IT // VIADEO

Twitter

loading tweets…

J'ai aimé...

  • Photo via 2headedsnake

    cavetocanvas:

    Joan Snyder, Squares, 1972

    Photo via 2headedsnake
  • Photo via fabforgottennobility
    Photo via fabforgottennobility
  • Photo via ryandonato

    self-portrait progress

    [ryan donato]

    Photo via ryandonato
  • Photo via homedesigning

    (via Artists’ Studios in Modern, Eclectic & Vintage Styles)

    Photo via homedesigning
Voir plus... →
  • RSS
  • Au hasard
  • Archives
  • Contactez-moi...
  • Mobile

Effector Theme by Carlo Franco.

Hébergé par Tumblr